Dreams:3-Alt life/shift

« Le rêve est un univers hors du temps ! »

L’homme aux cheveux grisonnants, dans son ensemble marron regarde l’assemblée par-dessus ses lunettes rectangulaires, ses yeux aux teintes glaciales son mis en valeur par son col bleu clair débordant de son pull gris perle. Après avoir parcouru l’entièreté de son public, il baisse les yeux sur son pupitre, pousse un soupir avant de lever à nouveau la tête.

« De toute ma carrière, je n’ai jamais fait salle comble. Et voilà qu’aujourd’hui, alors que je quitte la scène professorale, cet amphithéâtre est trop petit pour la foule qui s’y tient »

Un élève lève la main, le professeur sourit « Le cours n’as pas encore commencé, mais allez y posez votre question ! »

– Le sujet semble confondre le monde onirique et la réalité…

Le professeur est pris d’un frisson et des sueurs froides lui coulent sur la nuque. Discrètement, il exécute ses tests de réalités, il obtient toujours le même résultat, il est éveillé.

« pourriez vous… » Il laisse sa phrase en suspens en réalisant la disparition de son interlocuteur, puis de l’assemblée qui s’évapore dans l’air. De l’amphithéâtre il ne reste plus que la sol où il se tient, qui s’étend sur des centaines de mètres avant de disparaitre dans une brume tourbillonnante s’élevant jusqu’au ciel. Quatre personnes sortent de la brume et courent vers lui. Une main se pose sur son épaule et l’homme s’éveille.

Professeur! Professeur Morfénoos !

C’est bon, c’est bon je suis réveillée ! Qu’il y a-t-il ? S’enquiert-il ? ronchon et encore troublé par son rêve.

Quelqu’un semble faire réagir le système !

Il se leva et suivi avec empressement le jeune homme qui, l’avait réveillé, un étudiant aux origines hispano-latines venu d’un programme d’échange et participant au projet lancé par d’autres élèves que le professeur Morfénoos avait eu sous tutelle.

Sœurs

Elle se tient devant la porte, massive et minérale, esquissant un sourire, la fem enjambe le dernier corps qui se tient encore entre elles. La marque sombre qui enserre lascivement sa peau de bronze se teint d’argent, parée par endroits de bleu et de vert scintillant, jusqu’aux bouts de ses doigts qui se posent avec douceur contre les battants. Ces derniers se meuvent dans un grondement sonore et s’ouvrent sur une pièce remplie des membres de la « «caste dirigeante» » des strates, parés de leurs plus beaux atours, des mets venus des diverses régions de cette strate couvrent les tables anti-grav qui flottent mollement entre les convives. La musique d’ambiance qui jusqu’alors flottait dans l’air se tût lors de l’intrusion, laissant place a la mélopée distincte des lances-lasers qui s’activent en dirigeant leurs canon sur l’ouverture, en attente d’un quelconque signal d’attaque.

La fem entre dans la pièce, elle est de la peuplade Nèmuh, ces humains venus de la brèche. Ses formes voluptueuses respirent la vigeur et la discipline, tandis que la marque qui se lassait sur son corps s’estompe pour prendre, dans ses mains, la forme tangible d’une arme d’hast, dont la lame courbe scintille d’un éclat bleuté. Des regards curieux, lubriques et sournois la détaillent. Ses yeux d’or et d’émeraudes qui brillent de malice, scrute cette assemblée à l’esprit embrumé, d’un air inquisiteur. Ses cheveux tressées glissent gracieusement sur sa tunique de fourrure et de cuir, que certains comparent aux tenues usuelles des Nõba S’vaje ou plutôt rituelles des Neigarus. Sa voix sonne clair aux oreilles de chacun, elle parle la langue commune sans accrocs et sans accent.

Ô peuples d’Hecarm, pour qui les strates n’ont plus de secret ou presque. Ce lieu ou le pouvoir vous offre un avantage que l’on vous l’octroi ou que vous le preniez, sans étincelle rien n’est joué.

Le pouvoir dont elle parle, tous le connaissent, a la fois tangible et intangible. Solide, flexible et abondant, il reste aussi decisif qu’un choix irrévocable et tranchant comme le Tryzium dans ses mains. Ses applications et ses formes existent sur une palette si variée qu’il vous faudrait compter chaque grain de la strate des sables pour espérer en voir le bout. Dans la foule, certains gloussent, d’autres sont perplexes ou exaspéré et se demandent pour quelle raison cette fem leur faisait un cours de choses qu’ils savaent déjà.

J’entend vos rire et moi aussi, si quelqu’un me faisait une telle leçon je m’en amuserai aussi, énonça t elle avec une petite courbette. Mais voilà mon peuple, celui que vous nommez Nèmuh, ne possédait aucunes connaissances, aucunes leçons de ce monde, Nous avons dû apprendre dans la peur et parfois la cruauté alors que nous cherchions ni‚ asile.

Peu connaissent l’histoire des Nèmuh,avant leur apparition a travers les strates d’Hecarm, si ce n’est qu’un jour leur peuplade sortie d’une brèche apparue dans la strate des désert, fut capturée et vendue par les membres, les plus belliqueux des strates. ils ont fini par retrouver la dignité d’un statut de peuple libre, après s’être éveillé a un pouvoir a la versatilité déconcertante. De fait, la fem leur conta ce qui lui avaient été rapporté par les anciens des tribus qu’elle a rencontré a travers les strates.

« Durant la grande révolution du monde d’origine de mes ancêtres, nombre d’entre eux cherchèrent a fuir le changement par divers moyen, s’installant dans des zones reculées ou la vie côtoyait la mort, ou encore dans les entrailles de la terre et même parmis les etoiles. Les plus désespérés, qui n’eurent pas la possibilité de fuir comme les précédents, usèrent d’un portail, une technologie capable d’ouvrir des passages vers d’autres mondes.

N’étant encore qu’à ses balbutiements, du moins pour nos ancêtres, ils ne parvinrent a ouvrir qu’un seul passage stable et il menait ici, sur Hecarm, le monde aux dix mille states. Sans que le temps ne leur permette d’etudier ce monde inconnu, le premier changement survint, les terres furent frappées par d’étranges vagues d’énergies vitrifiant ou réduisant en poussière les êtres vivants. A cette nouvelle ils furent des millions a s’engouffrer dans ce passage qui leur faisait miroiter la promesse d’une terre d’accueil, sans se douter a quel point la vérité leur serait cruelle.

Ils étaient des millions et malgré leur nombre ils ne purent empêcher la tragédie. Quelques jours après leur arrivée sur ces terres, le ciel s’obscurcit attirant a lui tout les regards, de nombreux appareils et vaisseaux emplirent le ciel. Sous le couvert de cette ombre qu’ils considérèrent comme  bienvenue, notre peuple en exil, ne compris que trop tard ce qu’il se passait.

Des orbes de lumière tombèrent vers le sol et à leurs contacts, nos gens disparurent, happés par ces bulles lumineuses, laissant derrière eux les affaires qu’ils avaient avec et sur eux. D’autres engins plus maniables survolaient la foule, déployant a chaque passages des trainées de poussières anti-G ou de mousse C.M laissant ceux qui étaient touchés a la merci de leurs ravisseurs. Les défenses, qui devaient assurer notre sécurité et survie, fut écrasées dans sa vaine tentative de riposte, obsolète devant ces ennemis inconnus.Ce jour, dans nos livres d’histoires est connu sous le nom du Rapt.

Il y eut quelques chanceux qui s’échappèrent de justesse, mais ils subirent une épreuve encore plus terrible en devenant des cibles vivantes. leurs assaillants usèrent de leur fuite comme d’une distraction et le sable s’abreuva du sang et des viscères, des créatures, des proies et des marchandises que nous étions. »

La fem s’arrêt pensive avant d’ajouter, « L’histoire contée par les anciens voudrait que certains d’entre eux aient survécu a ce carnage et qu’ils auraient accompli des prouesses autrefois impensables, mais personne ne sait vraiment, ce qu’il en est. » Un murmure s’élève de la foule, murmure qui s’évanouit lorsque le manche son Tryzium frappe le sol faisant vibrer dans l’air un si tranchant.

« Je ne suis pas ici pour vous conter l’histoire de mon peuple mais parce qu’il se trouve parmi vous quelqu’un qui pourrait m’aider à retrouver la trace d’un être de lumière et le joyaux qui l’accompagne ». La foule s’agite, quelque uns murmurent ordres et directives dans leur langue a travers leurs intercom, certainement a leurs contingents de gardes et d’informateurs, d’autres usent de moyens plus discrets pour transmettre ces informations et effectuer leur recherches sur l’inconnue et l’objet de son intérêt. « Je cherche les coordonnées d’un monde de la strate des étoiles, un monde Aristocratique de psytech, un monde où mes parents ont connu les sévices de diverses expérimentations, avant de connaître les affres de l’arène. »

Le silence gagne à nouveau l’assistance, guettant le moindre indice car les mondes qui entraient dans les classifications « Aristocratique » et « Psytech » se comptaient a la pelle. « Comme beaucoup d’autres, quelque chose permettait à mes parents de rester sains d’esprit, pour eux ce fut… Ma sœur aînée… Cela ne dura pas elle leur fut enlevée quelques temps après. Alors que le désespoir les gagnait, ma mère s’éveilla à un autre talent qui lui permit à elle et mon père d’échapper à leur condition. Talent qui les a emmenés à la strate sauvage, où je vint au monde, Zeal, mon terrain de jeu ! »

A ces mots, un frisson parcours la foule, suivis de murmures discrets « La chasseresse… Le cauchemar… L’ombre sauvage… La souveraine bestiale… Zeal personnifiée… l’Insoumise… » Un trios de valtus émergent alors de la foule, en formation autour d’une orbe cristalline au cœur d’un nid en ronces d’or poser sur une sorte de robot cubique, il en sort une voix sans teint, presque mécanique. « De ce que mon peuple a pu faire aux vôtres, je ne peux que vous présenter mes plus sincères excuses si cela ne vous suffit point je vous offrirai nos vies » le trio humanoïde au visage allongé ploie deux de leurs quatre genoux au sol, tandis que la sphère de cristal s’ouvre pour laisser apparaître un oeuf translucide « hélas j’ai bien peur qu’aucun de nous ne connaissent les coordonnées de notre monde d’origine… »

Le plat du tryzium se pose en douceur sur l’oeuf « Même si cela m’aurait plus, dans ma prime jeunesse, non-né! d’éteindre votre espèce une bonne fois pour toutes, certains enseignements et rencontres me laissent penser que vous ne ferez pas les mêmes choix que vos prédécesseurs ». L’oeuf se glissa à nouveau sous son armure cristalline .

« Celui que je cherche, viens d’une race avilissante de par sa nature, n’est ce pas Eralthèb !? » La foule explose et s’écarte sur son passage jusqu’à un être de grande taille, qui doit bien la dépasser de deux têtes, aussi large qu’un pilier, mais aussi sec et émacié qu’une éponge laissée au soleil, un Deinsikin, ceux dont la peau se change en armure mues après mues. Il resta sans un mot a regarder les gens s’éloigner, a mesure que la fem l’approche comme si elle exerce sur eux une force qui les pousse a se tenir le plus loin possible, a tel point que lorsqu’elle arrive devant lui,  Tryzium sur l’épaule, la foule festive se tient de chaque côté de la salle.

« Ciyanétu me mets toujours dans l’embarras… Mais aujourd’hui je ne peux t’aider » La bouche sèche du géant remue à peine quand il parle, mais sa voix est forte. Ciyané, fait une moue dubitative, « je croyais, que l’amalgame d’hôtes était illégal…! » Eralthèb se fige quelques secondes avant de reprendre la parole, « Que me veux tu cette fois ? » En un soupir, la lame de Ciyané se retrouva a quelques centimètres de son interlocuteur. « Si tu veux faire la sourde oreille, le jour est mal choisi… elle réfléchit un instant, ou alors tu cherches a gagner du temps… » Ce n’était pas une question mais il répondit quand même, pencher au-dessus d’elle « Tu as beau être crainte, beaucoup rêvent d’être en ta présence, certains voudraient même te posséder… de bien des façons. Heué heué heué heué héuagh! » Son rire se change en un sursaut de surprises quand la lame du Tryzium glisse sur l’armure gris du géant. Il se redresse avec un temps de retard et tandis que le corps massif heurte le sol un autre bien plus modeste jaillit de la carcasse, un humain a la peau translucide, on pouvait voir ses veines jusqu’à son squelette d’un bleu violacé,ou plutôt la forme véritable d’Eralthèb.

Comment peux tu… Cette arme... Eralthèb tout comme les autres invités, s’attendait à voir la fem subir une pluie de lances lasers, mais elle ne vint jamais.

Chouette joujou, hein !? Fit Ciyané malicieuse, j’ai eu la chance de rendre un service au « maître de la forge »  maintenant devrais je te trancher autre chose? parasite ?

Licta n’existe déjà plus et cet être de lumière que tu cherches, tout comme son soi-disant joyaux ne sont qu’illusions et subterfuges ! Ces créatures, ces monstres… La lame du Tryzium glisse à nouveau à travers Eralthèb et son hôte mourant. Ciyané s’approche au plus près de ce qu’il reste du parasite, pour que lui seul l’entende. « Ces monstres, comme tu dis sont mes parents alors fait attention à ce que tu dit… Alors qu’elle s’apprête a emporter avec elle la partie haute de l’hôte, le trio Valtus et leur prince non-né s’approchent. Laissez nous vous aider dans votre tâche, nous venons d’apprendre que nous aussi avons fort à faire avec ce… Parasite! ». Ciyané les jauge du regard puis demande. « Vous avez un vaisseau, je comptais emprunter Celui de notre ami commun, mais je crains qu’il ne soit piegé » demanda t-elle en désignant Eralthèb qui faisait le mort. La réponse ne se fit pas attendre. « Un vaisseau ?! Oui, il laisse même  les chasseurs-traqueurs sur La touche!

C’est parfait!

Scales

Mis en avant

Les étoiles s’éteignent petit à petit et une brise chaude caresse la terre sombre du pic de la crinière d’argent. Tandis que, dans les cieux, avant même que le jour ne puisse poindre, se tient une étrange course d’aurores. Les Coocolums en chasse de leurs microscopiques pitance, sillonnent l’air et les nuages, laissant derrière eux une traînée iridescente. Chacun tente de prendre la tête de la course pour pouvoir se gaver plus que les autres, même si cela ne dure pas très longtemps. De son perchoir improvisé, un observateur curieux, admire ce spectacle lumineux en se questionnant sur l’origine de cet étrange phénomène.

Son regard se porte ensuite sur horizon, il le sait et le ressent, voilà le jour. Les premiers rayons de soleil colorent le ciel d’un rouge passionnel qui, s’éclaircit lentement, pour s’arrêter sur un panel d’indigo. La pierre noire du pic, naturellement polie, réfléchit la lumière et la chaleur, ce qui ne laisse pas, Schree le curieux, indifférent. Il savoure la chaleureuse sensation du soleil sur sa peau. Il est l’un des rares qui, contrairement à ses pairs, se levait avant le jour, sa curiosité pour son monde le poussait à tout observer, même lorsque le moment ne s’y prêtait pas.

Schree, détale et se presse pour atteindre « la couronne » cachée au coeur de » la crinière », un ensemble de pierres argentées ondulant sur un des versants. Il se faufile avec aisance entre les pierres aux bords aiguisés pour atteindre sa destination avant, que le jour ne soit complètement établi. Une fois sur place, il se glisse dans l’ouverture qui se présente à lui, sans détour car le temps lui est compté. Il accélère dans le dédale de couloir, le chemin imprimé dans son esprit n’a aucun défauts. Il déboule sur une corniche, surplombant une immense chambre souterraine ou loge, au bord de l’eau, un village taillé a même la roche, Aür, village auquel il appartient.

L’ouverture par laquelle Schree est arrivé s’illumine et la seconde suivante, la lumière en jaillit, intense, presque palpable avant d’aller frapper un ensemble de stalactites d’argent. Ainsi diffuse, la lumière éclaire et colore la chambre comme si le jour se levait aussi a l’intérieur. Quelques instants plus tard le village s’éveille, Schree observe les eaux souterraines, ses écailles hyper mobiles ondulent au rythme de ses battements de cœur, ses yeux parés d’un majestueux tracé hypnotique, se dilatent, voilés par une membrane nictitante. Il s’accroupit au bord de la corniche, puis d’un bond, s’élance a la rencontre des eaux jaunes.

Feather scales by BlackMoonLilly